Réalisations 2005
Depuis sa création en 2002, ENM a répondu à des situations d’urgence sur le plan de la santé (bâtiments, soins, médicaments), de l’alimentation (cantine des écoliers et collégiens) et de l’éducation, à Befotaka au nord de Madagascar (plus d’infos sur www.echangenonmarchand.org A la demande de Méline, elle a ensuite créé une bibliothèque. Elle salarie aujourd’hui 8 habitants dans la santé et l’éducation.
L’état des choses d’après les témoignages de Tania et de Thomas, retour de Befotaka en octobre 2004
Tania et Thomas,
2 jeunes dentistes belges, ont aidé Méline, l’infirmière
sage-femme, la représentante de ENM, à l’hôpital et
dans les villages de brousse pendant quelques semaines de Juillet 2005. Ils
ont arraché 758 dents, participé à 2 accouchements etgéré
de graves problèmes de peau.
L’hôpital est bien entretenu par Dzarany, une des salariées de ENM. Armel, jeune kinési et fils de Méline, a beaucoup travaillé pour pallier au manque de personnel médical. Méline est seule avec l’infirmier, depuis que Honoré, le médecin, a été contraint au départ, suite à des pressions politiques. Le gouvernement ne l’a toujours pas remplacé depuis plus 1 an maintenant. La communauté de communes de Befotaka rassemble plus de 25.000 personnes.
Dans le village d’Ambalasotry,
ENM salarie les 2 jeunes instituteurs, Franklin et Delphin. L’école
devait disparaître, les parents d’élèves ne pouvaient
plus les payer. Le gouvernement est totalement absent. 106 élèves,
de 5 à 16 ans, sont scolarisés malgré des fuites dans le
toit, des tableaux sur lesquels on ne peut plus lire, un manque généralisé
de moyens et trop d’élèves pour 2 enseignants et 2 salles.
Il serait intéressant que ENM poursuive son effort à Ambalasotry
: matériel scolaire, agrandissement de l’école, logement
pourles
instituteurs. Après de longues réflexions avec Méline,
Nicolas décidera de financer la fabrication des 4 tableaux noirs de 4m
x 1,5m pour les 4 salles de classes du village. Un travail qui sera fait par
Daudet, le maçon, pour le prix de 275 euros.
Les villageois ont demandé à ENM de finacer les sols, actuellement en terre battue, ce qui pose le problème de la poussière et de la boue quand vents et pluies font leur apparition. Le prix, uniquement pour les sacs de ciment, les villageois faisant eux-mêmes le travail, serait d’environ 1.000 euros.
La bibliothèque fonctionne moyennement bien, depuis que la femme d’Honoré
a été obligée de quitter Befotaka avec lui suite à
des pressions politiques. Les locaux et les livres sont entretenus, les heures
d’ouverture semblent un peu courtes. A voir.
Ce qui a été impulsé par ENM ces 6 derniers mois
La cantine a été financée sur la demande exprès de Méline. C’est FRN ( Femmes, Réveillons-nous ) qui l’a organisée pendant les 2 derniers mois de la saison des pluies, mars et avril 2005, pour plus de 500 écoliers qui sans cela n’auraient pas été capables d’aller à l’école.
L’alphabétisation : L'association Passeport Media fait de l’alphabétisation à Auxerre avec des fonds européens. A travers son projet « Femmes d’ici, Femmes de là-bas », elle co-finance un professeur d’alphabétisation pour adultes et un autre pour des cours de couture à Befotaka.

Au CSBN II l’hôpital de Befotaka, toutes les pièces bénéficient maintenant de la lumière électrique. Un frigo en 12 volts permet de conserver les vaccins. Le courant est fourni par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit du bâtiment. Quatre batteries de 100 AH stockent l’électricité produite le jour. Finis, les accouchements d’urgence, les soins aux accidentés de la route à la lumière d’une bougie. SOS Enfants (8 rue du Château des Rentiers à Paris) a co-financé cette installation...
L’état des choses d’après le témoignage de Nicolas Sersiron, de retour de Befotaka en décembre 2005
Un hangar de 50m²
a été construit pour la décortiqueuse sur un terrain donné
par Méline.
Pour qu’il puisse recevoir le groupe électrogène sans que
le bruit soit insupportable, Nicolas a proposé la construction d’un
hangar accolé de 10 m2 et puisqu’il y avait problème pour
avoir des sarcleuses rotatives à Tana avec Tefy Saina, il a proposé
un autre espace de 20m2 pour y faire un atelier métallerie-soudure. Il
a négocié l’achat à Tana d’un poste à
souder + une disqueuse-tronçonneuse à métal, des disques
et des baguettes de soudure pour environ 150€.
Le but est de réunir : la dépailleuse qui permet de décortiquer
le riz sans le polir, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Les Malgaches
comme la plus part des gens ne savent pas que c’est dans la dernière
écorce du riz, parfois rouge, que se trouvent les vitamines et les micro
nutriments qui font de cet aliment un apport nutritionnel exceptionnellement
riche, et que l’on nomme riz complet.
A côté le groupe électrogène de 20ch diesel et 10 KVA, chinois, de qualité médiocre mais d’un prix 4 à 5 fois moins cher que des groupes de qualité occidentale, fera tourner le moteur électrique de 5KW accouplé à la dépailleuse. Le châssis réunissant la dépailleuse et son moteur électrique est encore à fabriquer : vive le poste à souder.
Le
groupe électrogène sera aussi utilisé 3h le soir pour éclairer
une dizaine de maisons habitées par des membres de l’association
ENM-FRN dans l’environnement proche. A leur charge de se relier par fil
et de payer le prix de leur consommation à FRN. Méline devra imposer
à l’arrivée dans chaque maison un disjoncteur 10 A déjà
acheté à Tana.
Il servira aussi
dans la journée à alimenter l’atelier métallerie
permettant de fabriquer les sarcleuses rotatives, de réparer les charrues,
les roues de charrettes et autres qui, chaque fois, devaient être emmenées
à Antsohihy à grand frais.
Une fois le local fini et cimenté de 90m2, une des pièces servira
d’habitation à un gardien. Le prix global de l’ensemble sera
d’environ 4.000-4.500 euros.
Ce petit complexe sera sous la responsabilité de Méline / Femmes Réveillons-nous. Chaque opération-utilisation sera payée au temps passé ou au Kg décortiqué
Là commence l’opération la plus délicate : le fonctionnement. La future comptable sera probablement une jeune femme de Tana, Anjara, comptable de formation qui loue actuellement avec son compagnon la maison de Méline. Les deux viennent de Tana, lui travaille pour la Colas : transnationale française de travaux publics qui reconstruit enfin la RN 6 qui passe à Befotaka. Avec elle Nicolas a passé quelques heures à calculer les prix de revient du kw/h, le prix du kg de riz décortiqué. ENM a financé un outil, mais c’est aux femmes réveillées de le faire fonctionner, de faire rentrer de l’argent en quantité suffisante non seulement pour en assurer l’entretien et le renouvellement mais aussi pour faire revenir cette somme de départ de 4.000 euros en 4 ou 5 ans. Le but étant de pouvoir faire d’autres investissements qu’ils choisiront. Une expérience qui ne sera certainement pas facile à finaliser pour eux, vu l’état de paupérisation générale à Madagascar.
Mutuelle
de santé
Les femmes de FRN
épargnent régulièrement des petites quantités d’argent
qui sont déposés sur un compte en banque. C’est une mutuelle
de santé qui vient en aide aux personnes de l’association lorsqu’elles
sont obligées d’aller se faire soigner à l’hôpital
d’Antsohihy. Là bas, il faut payer ses médicaments et le
médecin à l’avance
pour être soigné. La nourriture est aussi à la charge des
malades : dans les cas graves, pas d’argent = la mort. Cette mutuelle
est une réalisation autonome des femmes. Sans ENM, sans la relation forte
et continue avec Méline, cette mutuelle aurait-elle pu voir le jour ?
La formation SRI à Befotaka du 14 au 28 novembre 2005
Patrick et Dieudonné,
les 2 techniciens envoyés par Tefy Saina, pour une session de formation
des agriculteurs volontaires, au nombre de 25, habitants les fokontany regroupés
autour de Befotaka, ont fait un travail magnifique auquel Nicolas a assisté-participé
pendant 12 jours.
La formation théorique a eu lieu dans la bibliothèque avec tableau
noir, très sérieux, très pro. Plein de photos et de films.
Les journées d’exercices pratiques ont été très
chaleureuses
Ces agriculteurs venaient d’Ambalasoutry, 2h de marche, et de Tsyningy, 1h, ils repartaient le soir sans problèmes à la nuit après une grosse journée de boulot physique par 40° à l’ombre. Certainement les plus motivés. Sur les photos et les films on voit tout ces gens, femmes et hommes, effectuer toutes les opérations, pré-germination des semences dans un trou chaud, semis en pépinières avec protection contre le soleil, préparation de la rizière et replantage des plants à 2 feuilles de 5 à 8 jours. Préparation du repas collectif sous le manguier au bord de la rizière fait par des membres de FRN ( Femmes, réveillons-nous). Ils ont été financés par ENM France comme les salaires des techniciens de Tefy Saina. Les apprenants ont suivi les 15 jours de formation avec assiduité et sans recevoir de compensation financière.
Il y avait tellement de plants qui restaient et une tellement bonne ambiance que Nicolas a accepté, au nom d’ENM, de payer pour un travail supplémentaire de labour et hersage, pensant que l’ensemble des parcelles expérimentales qui recouvrent une surface finale de 20 à 30 ares environ marquerait plus les esprits curieux que 5 à 7 ares.
Il est clair que cet engagement dans le SRI doit se faire dans la durée si l’on veut qu’il ait des résultats, qu’il y ait une révolution des méthodes culturales et une compréhension de la nécessité de nourrir la terre si l’on veut qu’elle nourrisse les hommes. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’ensemble de la problématique de la culture dite biologique rentre dans les mœurs des agriculteurs de la région et leurs permettent de devenir auto subsistant pour le riz en premier lieu.
Il faut qu’ils
soient formés :
-1- à la fabrication et à l’utilisation du compost, -2-
au fait de laisser les pailles de riz sur place pour fertiliser le sol, sans
que les zébus ne les mangent, ce qui veut dire des clôtures ou
des haies vives plantées avec des buissons qui repoussent les zébus
par leur odeur -3- au drainage de l’eau en saison des pluies, ce qui implique
la compréhension du fait que le riz n’est pas une plante aquatique,
donc qu’elle a autant besoin d’oxygène que d’eau, -4-
aux feux qui ravagent les campagnes en permanence, allumés pour l’écobuage
et qui, juste avant la saison des pluies, impliquent un délavement du
sol de sa couche d’humus un peu plus profondément chaque année.
C’est pourquoi ENM a laissé des graines pour les haies et pour
l’engrais vert, des plantes à enfouir par labour.
Il y a aussi les légumes ou d’autres céréales qui pourraient être cultivés en quantité à Befot,. Méline, comme les autres, sème des graines de maïs qui ressemblent fortement au maïs qui sert à nourrir le bétail en France. Le maïs doux serait intéressant à faire pousser là-bas.
La communication avec Méline
Elle va à
Antsohihy, prend les salaires du trimestre et passe un moment sur Internet pour
nous donner des nouvelles. Elle couche à l’hôtel et retourne
le lendemain sur Internet. 20€ lui sont attribués chaque trimestre
uniquement dans ce but.