Réalisations 2006
Larges extraits de La Lettre d’ENM n°6
L’hôpital (CSBN II) fonctionne
mieux. L’équipe s’est agrandie : Bienvenue, une sage-femme,
a été nommée par le gouvernement et décharge Méline
d’une grande partie des urgences de nuit. L’infirmier, père
de 24 enfants, ne boit plus et un jeune médecin bénévole
vient renforcer le groupe des soignants un jour par semaine.
La
maternité est enfin entrée en fonctionnement. Fini les accouchements
d’urgence à la lueur d’une bougie au CSBN II de Befotaka.
ENM a financé l’installation d’un éclairage solaire
en 24 volts à partir des panneaux photovoltaïques de l’hôpital
juste en face. Nous finançons aussi la réparation du bâtiment
fragilisé par la dernière saison des pluies, plus des réparations
et des aménagements indispensables à l’intérieur,
entre autres pour empêcher les chauves souris de couvrir la table d’accouchement
- archaïque et rouillée - de milliers de crottes parfumées.
Zara est maintenant salariée par ENM à plein temps pour le maintien
de la propreté dans les 2 unités de soins.
Le cabinet dentaire fonctionne uniquement pour les urgences et seulement quand
un dentiste vient de France, malheureusement. L’ensemble des instruments
est là, le siège, les anesthésiques, les daviers, etc.
L’éducation
des enfants prend plus d’importance parmi les actions de ENM. Comme pour
tout le reste, c’est à la demande de Méline,qui nous transmet
les souhaits des « femmes réveillées » dont elle est
présidente, que nous salarions maintenant 3 instituteurs à Ambalasotry
et une institutrice à l’école publique de Befotaka. Jusqu’alors
il n’y avait que 3 instituteurs payés par le gouvernement et trois
autres payés par les parents d’élèves pour 567 élèves.
Par ailleurs ENM a payé la construction de tableaux noirs en béton
et prend en charge la nourriture pour 5 en¬fants qui vont ainsi pouvoir
aller au collège à Befotaka: ce sera la première fois que
des enfants de ce village dépasseront l’école primaire.
Ils y logeront dans une case construites par leurs parents.
A la bibliothèque, la nomination
d’un nouveau bibliothécaire, très professionnel, par Méline
change tout. Nous avons, tous ensemble, lors de no¬tre passage, réorganisé
la
disposition des livres, aug¬menté le nombre d’étagères.
La lumière, en 220 volts, provenant du groupe électrogène
devait être installée ces jours ci,le but étant d’ouvrir
la bibliothèque le soir, entre 18h et 22h pour que les enfants qui le
désirent puissent faire leurs devoirs, et éventuellement être
aidés, ou lire des livres. La nuit tombe toute l’année à
18h. Il n’est pas facile de travailler à la bougie dans une maison
d’une seule pièce au milieu d’une famille nombreuse. Un tableau
noir en ciment sera construit pour les formations ou rencontres diverses.
L’atelier décorticage-soudure-groupe
électrogène : la dépailleuse installée en 2005 fonctionnait
très peu depuis quelques mois. Les femmes ne veulent pas manger le riz
complet qui sort de cette machine car elles ne reconnaissent pas ce goût.
Nous avons donc décidé d’acheter une polisseuse (+ un moteur
électrique) qui blanchit le riz, bien que ce soit contraire à
nos souhaits personnels. Méline se chargera de convaincre les femmes
dont les enfants sont dénutris, de leur faire manger ce fameux riz complet
qui contient les nutriments et les vitamines qui leur manquent si souvent.L’enjeu
est très important.
ENM a donné l’ensemble de ce complexe en 2005, bâtiments
et machines, à FRN (Femmes, réveillons-nous) le but fondamental
de cet atelier étant surtout d’éviter aux femmes et aux
enfants de passer chaque jour une à deux heures à piler le riz
en plus de porter les seaux d’eau sur la tête plusieurs fois chaque
jour sur de longues
distances.
A elles de le gérer pour qu’il fournisse les revenus suffisants
pour entretenir/remplacer les machines et permettre de nouveaux investissements.
L’autre but était de permettre aux femmes de créer une réserve
d’argent pour prêter aux adhérentes sous forme de micro-crédit.
Le groupe électrogène ne fonctionnait que pour produire de l’électricité
dans 30 ou 40 maisons à l’entour, de 18h à 22h, ce qui était
déjà une vraie révolution. Les enfants et les adultes peuvent
travailler ou lire plus longtemps, écouter de la musique, regarder des
vidéos là où existe des écrans cathodiques. Ceci
était leur souhait. Mais la belle histoire risquait de tourner court,
sans le décorticage, les rentrées d’argent étant
trop faibles pour assurer la maintenance de l’ensemble. Par ailleurs,
une question importante n’a pas encore trouvé de solution : pour
que tout le matériel fonctionne(un matériel chinois qui a coûté
5 fois moins cher qu’ici mais qui est aussi 5 fois moins résistant),
il faut un mécanicien responsable payé. Pour le moment Méline
n’a pas découvert cet oiseau, apparemment, très rare.
La case ENM. Sur un terrain donné par Méline, nous avons fait
cons¬truire une case en
falaff par Jean-Claude, son mari, avec sol en béton et toilettes extérieures.
Nous disposons de 2 chambres de 5 m2 avec vue sur le soleil couchant, prêtes
à accueillir ceux qui passeront une ou plusieurs nuits là-bas.
Que ceux qui sont intéressés sachent qu’ils seront accueillis
par Méline pour partager ses repas. La case est ponctuellement occupée
par Patrick et son collègue, les 2 techniciens agricoles que ENM financent.
Elle a coûté 150 euros. En septembre 2006, nous y étions
3, logés à la malgache.
Les techniciens agricoles, Patrick et Télesphore,ont été
à Befotaka du 5 au 20 décembre où ils ont assuré
plusieurs formations SRI-SRA (riziculture) : une pour des nouveaux apprenants
et une autre pour des 2e année. Ils assurent aussi la formation au maraîchage
pour des femmes venues parfois de très loin, d’Ambolobozo ou d’autres
villes à 8h de marche. Méline prend en charge les repas collectifs
chez elle, le riz est payé par ENM. L’année dernière,
certaines avaient marché plus de 8h, avec leur ration de riz pour 8 jours
sur la tête. Nous les avons rencontrés à Antafiabe en Septembre
2006, et nous avons pu admirer les premiers très beaux légumes
de leurs potagers.
Le Concours de riziculture à Antafiabe a été l’occasion
pour ENM et Méline de faire connaître à tous le travail
effectué .Depuis notre première rencontre en 2001, Méline,
cette infirmière-sage-femme autoformée a, en partie grâce
au salaire mensuel de 30 euros que lui verse ENM, accompli un travail énorme
au niveau des soins mais surtout au niveau de l’organisation des femmes,
de la prévention santé, du planning familial et de bien d’autres
choses. Elle est la seule à savoir exprimer les besoins de cette communauté
paysanne et à être capable de mettre en action leurs réalisations
dans le temps. Sans elle, ENM n’existerait pas. Créée en
2002 par Méline, FRN (Femmes, réveillons-nous) regroupe plus de
500 femmes sur un rayon de plus de 8h de marche autour de Befotaka. C’est
certainement la réalisation la plus apte à améliorer la
situation des populations rurales de cette région en ce qui concerne
la vie et la survie quotidienne: santé et alimentation des femmes et
des enfants.
Par ailleurs, FRN a créé une mutuelle santé pour ses adhérentes
qui tente de prendre en charge, dans les cas graves, les femmes et leurs enfants
: celles qui ne peuvent pas payer des soins importants à l’hôpital
d’Antsohihy par exemple. L’atelier décortiquage-soudure-groupe
électrogène a d’autant plus de sens s’il peut être
aussi une réserve de trésorerie pour cette mutuelle.