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La Lettre d'ENM n°10
:

Où en est-on à Befotaka en août 2OO9 ?
par  Nicolas Sersiron pour ENM

Abdul le mécanicien
 Abdul est une personnalité originale à Befotaka autant par ses ancêtres arabes, son savoir faire, que par son amitié avec Méline et les divers services qu’il a rendus à ENM. C’est lui par exemple qui nous a emmenés jusqu’au village de Antanibaribe et Marotomboay – visite des puits -  avec son vieux bâché Mazda. Une sacrée aventure que d’emprunter la piste qui mène à la presqu’île d’Ambolobozo sans être équipé d’un 4x4 ou d’un chariot trainé par deux Zébus.
  
Un don exceptionnel a été fait à ENM pour l’achat d’outils de mécanique auto. Ces outils ont été achetés en France par Jacques D. et transportés jusqu’à Befotaka par les deux jeunes ostéopathes, Romain et Elvina, partis en juillet. Ils avaient été demandés par Abdul qui souhaite ouvrir un garage de réparations autos. Un métier qui manque depuis longtemps sur cette partie de la RN6. Impossible à réaliser avec ses propres finances car le prix demandé à Madagascar pour ces outils était trop élevé. Je lui ai demandé qu’en échange il forme des apprentis à la mécanique auto. Ce qu’il a accepté. Affaire à suivre.


Les 3 puits
Le positif : A Tsiningya le puits fonctionne bien, même s’il a besoin de réparations mécaniques fréquentes : soudures, boulons cassés, paliers bois qui fatiguent. Il est bien entretenu avec heures d’ouvertures régulières et cadenas le reste du temps. L’eau y est bonne.
Le négatif : A Marotomboay, la pompe du puits est très rouillée. On a l’impression qu’elle est là depuis 20 ans, le béton devant la pompe est percé d’un trou d’environ 20 cm x 10 cm, l’eau n’est pas bonne à boire, elle a un goût de rouille très prononcé. Les villageois préfèrent prendre de l’eau dans la mare à côté tant qu’elle n’est pas asséchée. A Antanibaribe, le palier bois côté manivelle est cassé ainsi que sa bride de maintien, la pompe est doublement inutilisable car il n’y a pas d’eau dans le puits actuellement début Juin 2009.
J’ai rencontré Arsène Raveloson, le responsable de l’association Taratra à Tana ; il s’est engagé à faire les réparations sur les 2 puits abîmés. Quant à celui de Tsiningya, il m’a indiqué que la population était sans doute trop nombreuse pour ce modèle de pompe et qu’il faudrait le changer pour un modèle plus puissant.


Le dispensaire
Le positif : Patrice le médecin, aujourd’hui salarié par le gouvernement après sa prise en charge par ENM pendant plus d’un an, est d’après Méline compétent, gros travailleur et très sérieux. C’est aussi mon impression. Depuis que Jacques lui a montré comment pratiquer la dentisterie d’urgence, il part régulièrement en brousse avec Méline pour des extractions.
L’éclairage et le frigo solaire installés par ENM, il y a plus de 4 ans fonctionnent correctement. Le bâtiment de la maternité est aussi éclairé. Nous avons changé en juin une batterie, la 4ème. Il serait intéressant de prévoir le changement des tubes fluos 24 volts par des tubes à leds qui consomment 5 fois moins et ont une durée de vie 3 fois plus longue. Cela permettrait sans doute de diminuer le nombre et la puissance des batteries qui coûtent extrêmement chères. A titre de comparaison, une batterie de 100amp en12volts pour camion coûte 150 euros, à peu près le prix d’un ha de terrain à moins d’1km du centre de Befotaka.
Zara la femme de ménage salariée par Enm continue son travail avec régularité. Enm continue à fournir des médicaments en quantité importante (gros boitage) donnés par Pharmacie sans frontières et transportés par chacun de ceux qui vont à Befotaka. Passage en douane parfois acrobatique. Méline, sur ordonnance du médecin, en assure la distribution gratuite et la garde chez elle. L’infirmier nommé par le gouvernement, père de 25 enfants, ne boit plus d’alcool.
Le Négatif : L’infirmière-sagefemme, Bienvenue, salariée par le gouvernement depuis plus de 3 ans vole des médicaments au dispensaire pour les revendre, utilise l’électricité solaire pour ses besoins personnels, utilise le frigo solaire du dispensaire pour ses yaourts ou jus de fruits, le débranche de façon invisible avec les vaccins à l’intérieur - je l’ai constaté personnellement - chaque fois que l’inspecteur vient pour distribuer le pétrole nécessaire au fonctionnement du frigo Unicef. Les 40 l mensuels sont ainsi revendus pour ses besoins personnels. Elle demande de l’argent pour distribuer les moustiquaires gratuites données par Unicef aux femmes enceintes. Une attaque de palu fait mourir le fœtus dans le ventre de sa mère. Il n’y a plus que 4 à 5 accouchements mensuels au dispensaire car il semble que cette sage-femme soit trop brutale. Pendant la période où Méline tenait le rôle de sage-femme, il y en avait une quinzaine par mois. Ce qui veut dire qu’une dizaine d’accouchements problématiques se font avec une matrone dans les villages éloignés.
Conclusion intermédiaire : La « mission  catholique » - hé oui, c’est son nom, comme au 19èmeS du temps des colonies - située à 300m du dispensaire public, vient de terminer la construction d’un magnifique dispensaire privé. Très grand, décoré avec des fresques en couleur de la vierge Marie sur 5m de haut mais qui était encore sans personnel de santé donc pas encore ouvert en juin 2009. Cette implantation est dramatique pour deux raisons : la première est que les services y seront payants comme pour les écoles de la même mission, à l’inverse du dispensaire, et qu’il n’y aura jamais de médecin, au mieux une religieuse infirmière. La seconde est le risque de disparition du dispensaire public : moins beau, moins neuf, encombré de nombreux patients qui attendent des heures, mais pourtant rudement efficace avec les moyens qu’il a en ce qui concerne la santé publique de la région, la prévention et les urgences de nuit.
 
Pendant mon séjour, Méline a compris que le dispensaire, SBN2, risquait de disparaître tant le désordre mis par Bienvenue était grave. Elle a réagi d’une façon exceptionnelle. Patrice le médecin était allé voir l’inspecteur à Antsohihy pour l’informer de la gravité de la situation. La réponse avait été que : c’était plutôt lui qui allait partir et non la sage-femme. Histoire de 2ème bureau ou autre, personne ne sait, mais il y avait une connivence évidente entre les deux.
Donc Méline a convoqué dans les locaux du dispensaire tous les chefs fokontany disponibles, les sages du village, tous les responsables médicaux, des femmes de l’association « Femmes, réveillons-nous », et a révélé toutes les malversations et mauvaises habitudes désastreuses constatées au sein du dispensaire. Un choc. Car à Madagascar, comme souvent ailleurs, on ne dit pas les choses ouvertement. L’infirmier l’a ensuite félicitée d’avoir osé. Il savait tout mais était incapable de réagir : trop dangereux. Dans cet univers de village un peu confiné, le risque était grand pour elle d’être mise à l’écart. Je pense que ma présence et le soutien continu d’ENM lui ont permis d’accomplir cet acte salutaire. Ensuite, 3 représentants officiels des citoyens,  Soufou, Norbert Levita et Albert Velotombodo, se sont engagés devant Méline et devant moi, à contrôler le fonctionnement du dispensaire. Méline avait fait planer la menace d’enlever le frigo ENM d’abord et ensuite les panneaux et batteries solaires.


La bibliothèque
Que du positif. Justin le bibliothécaire salarié assure son travail : respect des horaires, prêts de livres et tenu du local avec beaucoup de sérieux, presque trop. La bibliothèque, avec ses 60m2 meublés et ses 9.000 volumes, est un espace qui n’existe nulle par ailleurs dans la province Sofia, y compris dans les grandes villes de la région : Antsohihy et Ambanja. Des professeurs viennent de très loin emprunter des livres pour donner leur cours. Une utilisation que nous n’avions pas imaginée. Justin m’a remis une liste de livres, niveau lycée, à lui faire parvenir. A ceux qui savent où en trouver, n’hésitez pas à contacter ENM. La salle sert parfois d’espace de réunion, et aussi de salle de répétition le soir à l’approche des examens, quand le voisin mécano, Abdul, notre ami, donne l’électricité d’un groupe électrogène du quartier. J’ai fait changer les horaires pour qu’ils soient plus adaptés aux jeunes collégiens et écoliers. Sur la demande de Justin, des toilettes extérieures ont été aménagées pour que les jeunes, après avoir satisfait une envie pressante, au-loin-à-travers, ne s’égayent pas sans revenir.
 
Les professeurs et instituteurs payés par ENM
Dans l’ensemble il n’y a pas de problèmes avec les 4 instits et profs.  J’ai rencontré Eliane qui est la nouvelle institutrice d’Andrafiabe, à 6kms au nord de Befotaka sur la RN6. Cette école a été construite par les parents d’élèves en 2008 avec notre aide financière. L’institutrice est payée par Enm. 60 enfants ont ainsi pu être scolarisés. La mairie de Befotaka n’a pas encore acheté le mobilier, donc c’est bricolage d’attente dans la salle de classe.
 

SRI et maraîchage
Il est extrêmement difficile d’évaluer actuellement quelles surfaces de rizières sont cultivées en SRI sur la région. Il faudrait pour cela y passer un mois et avoir de très bonnes jambes ou une moto TT.  Il faut savoir aussi que les vieux paysans disent aux jeunes qui se lancent dans cette révolution des pratiques agricoles que c’est « fadi » : tabou. Certains abandonnent. Il n’empêche, j’ai visité 2 rizières en SRI sur le fokontany d’Ambalasoutry 12 kms de Befotaka centre. Celle de Biorona et celle de Tonindrazana, le jeune chef fokontany. Chez ce dernier Méline a compté sur un pied de riz, pris au hasard, 26 tiges, donc 26 épis, pour un grain de riz semé. Ce jeune paysan m’a dit, très fier, qu’il n’avait utilisé que 3 kapoks (soit 1kg), pour ensemencer l’ensemble du 1/2 ha en SRI où nous étions. Par comparaison, dans le principe traditionnel, il faut environ 150kg/ha de semence et un grain de riz semé ne produit que un à deux épis. Quant à Biorona et sa famille, ils s’investissent en plus dans le maraîchage avec de beaux résultats.
 
Un jeune homme, consultant-salarié pour Enm, sorti récemment du lycée agricole de Befandrina assure le suivi localement du SRI et du maraichage bio, épaulé par Borgia qui vient régulièrement de Tana.
Si nous pouvions trouver un maraîcher bio dans l’Yonne ou ailleurs,  qui veuille s’investir dans l’aventure béfotakienne, par des visites ponctuelles, ce serait un grand progrès. Que ce soit au niveau du compostage ou des techniques agroécologiques récentes, il y a des manques de savoir importants, surtout au niveau du maraichage tropical chaud qui pose des problèmes spécifiques. La question de la diversité et de l’accès aux semences est aussi une question importante. ENM à travers Kokopelli et d’autres sources peut participer à la recherche de solutions.
Le maraîchage est un franc succès. Les femmes, entre autres, trouvent là autant une forme d’indépendance, par la vente des surplus, qu’un moyen de nourrir leur famille. Il pourrait se développer de façon plus importante avec des apports de semences et de savoirs techniques. Une question sur laquelle nous devons continuer à travailler. En juin, alors que la température tournait autour de 35° et plus, les tomates vendues très chères sur le marché de Befotaka venaient de Tana situé à 750 kms. Ce qui veut dire qu’il ya encore de grandes possibilités de développement du maraîchage pour la vente.
 
Le foyer-internat pour les collégiens de la brousse est en construction
C’est parti très vite. Pendant mon séjour de Juin, Méline a trouvé puis acheté au nom de l’association « Femmes, réveillons-nous » un terrain d’un peu moins de 2 ha situé à environ 800m au nord du centre ville de Befotaka. Le prix payé par ENM a été de 240 euros. Un prix d’ami consenti spécialement à Méline par des vendeurs sensibles au projet du foyer. Décision préférée à la proposition du maire Nestor d’un don de terrain dont la surface avait diminué au fil des mois jusqu’à 0,7ha avec, à notre charge, en échange, la construction d’un puits pour la ville. Ce trop petit terrain était devenu inadaptée à notre projet.
 
 Méline a fait rapidement creuser un puits indispensable pour la construction des murs en torchis d’argile. Une chance inouïe, l’eau était là, très peu profonde. Plus tard, il faudra transformer ce puits en puits fermé avec pompe et eau potable.
A la mi-août 09, la 2ème maison  pour les collégiens était presque terminée. Il s’agit de plans à main levée que j’ai faits pour Damon, le maçon qui a construit la bibliothèque. Chaque maison semblable pourra accueillir 8 collégien-nes. Elles correspondent en surface, en forme et en technique de construction, à ce qui se fait à Befotaka en 2009. Ce sont des maisons de plain pied de 30m2 intérieurs, 7x4m, avec des bois traversants sur 2 niveaux aux 2 extrémités pouvant accueillir 8 matelas. Au centre de la maison une grande table pour le travail scolaire et sur les 2 côtés, entre portes et fenêtres, des étagères en falaff suspendues à la charpente et un auvent au nord. Le projet est de construire 6 maisons, pour accueillir à terme 48 collégien-nes, et plus si c’est possible.
Dans un premier temps, nous nous sommes fixés comme but de construire quatre maisons de 30m2, deux pour 16  jeunes, une pour Méline et une pour le stockage des aliments et les voyageurs. Et cela avant la saison des pluies qui commence début décembre 2009. Le prix d’une maison en torchis couverte de tôles ondulées a été fixé à 1.200 euros par Damon.
Une partie du terrain sera transformée en verger. Une vingtaine d’arbres ont déjà été plantés. Une autre partie servira au maraîchage à destination pédagogique et alimentaire. 30m2 de ce terrain nu couvert de hautes herbes sont déjà cultivés avec des légumes. J’imagine que les jeunes ont dû investir leur énergie pendant leur temps de vacances à travailler sur ce projet.

Nos Projets :
 
Ensuite, en 2010, si nos finances nous le permettent, si nous recevons des aides supplémentaires, nous pourrions construire :
1 - Avec nos ressources et un peu d’aide extérieure : une maison supplémentaire de 30m2, plus la maison de Méline avec sa participation, la responsable du foyer – ce qui libérerait une maison pour les jeunes - et une cuisine collective. Ainsi en 2010 le foyer pourrait accueillir 24 élèves.
2 – Dans le cas où nous trouverions des financements plus importants nous pourrions envisager de construire une maison spéciale  pour les voyageurs et une cuisine avec lieu de stockage pour les aliments.  Les 4 maisons construites en 2009 pour les jeunes seraient alors à leur disposition. la capacité d’accueil serait alors de 32 élèves.
 3 - En 2011, il resterait alors à construire la salle commune de 80-100m2 un espace dans lequel tous les collégien-nes pourraient travailler entre 18h et 22h, dans lequel ils pourraient aussi prendre leurs repas tous ensemble. Il serait éclairé par des panneaux photovoltaïques et des leds. Il faudrait aussi finir le puits et construire un espace toilettes bétonné pas trop éloigné, mettre en place les WC à séchage solaire des fèces, agrandir le verger et l’espace maraîchage, rajouter 2 maisons pour les jeunes de 30m2 et atteindre ainsi 48 enfants de la brousse pouvant intégrer le collège public de Befotaka. Des responsables de l’Unicef à Tana m’ont proposé de renforcer les effectifs des professeurs du collège pour participer à notre effort. A suivre…
Il faudrait aussi acheter une rizière à proximité du foyer d’1 ou 1/2 ha qui servirait d’espace pédagogique, de production pour le foyer et de vitrine pour le SRI.
En 2012, si tout a fonctionné comme nous le prévoyions, si nos finances sont encore en bon état, il serait cohérent d’acheter un terrain à Antsohihy et de construire une maison pour accueillir ceux des collégiens de la brousse qui sont prêts à continuer leurs études au lycée.

Nous rêvions d’un voyage… mais où, pourquoi, comment…
                                                            par Romain David et Elvina Gorecki  
               La rencontre avec Jacques fut décisive. Entendre parler quelqu’un d’un village, de ses habitants et de son action au sein de ce dernier, avec tant de vigueur et de passion, n’a pu que fixer nos idées sur Madagascar. Nous sommes partis de Paris mi-juillet avec chacun nos dix kilos de médicaments, généreusement donnés par Pharmacie sans frontières et quelques outils (d’un poids certain !!) pour Abdul, le mécanicien de Befotaka. Un WE passé avec Méline nous a permis de faire connaissance avec le village avant de débuter notre travail au dispensaire. Dans nos bagages, de quoi soigner du monde mais qu’allions nous faire avec nos mains ?
               Après l’annonce par un crieur public dans le village, prévenant de l’arrivée des «vazaha doctor» le dispensaire était bondé de personnes en attente de soins. Nous avons pris chacun une personne en consultation grâce a l’aide de Méline et de son fils Armel, qui traduisaient. Beaucoup de pathologies sont dues à des parasites, du paludisme et des problèmes d’hypertension artérielle… beaucoup de diagnostics sont difficiles à établir du fait du manque de moyens pour les examens complémentaires (radio, écho, biologie…) Dès que nous suspections la nécessité d’une prise en charge médicale, nous demandions l’avis de Patrice, le médecin du dispensaire. S’il existait une possibilité d’améliorer les maux des patients par des techniques manuelles, l’ostéopathie prenait alors toute sa valeur.
               Durant notre séjour nous avons consulté environ 150 personnes et avons participé a la réalisation du potager destiné aux collégiens que Méline va bientôt pouvoir accueillir sous les toits des cases en constructions. En effet, ayant la conscience des problèmes de malnutrition, elle s’efforce de cultiver des fruits et des légumes variés dont les graines sont fournies par ENM. Dans nos bagages, nous avions aussi une somme d’argent ENM avec laquelle nous avons apporté un soutien financier à l’association des parents d’élèves pour réaliser le toit et les murs d’une future salle de classe à Befotaka. Les classes comptent souvent plus de 6O élèves. Nous avons également pu participer à l’achat de divers accessoires de jardin et financer des examens médicaux (radios, écho…) pour quelques villageois très pauvres.
               Ce séjour à Befotaka fut marqué par la rencontre de personnes plus attachantes les unes que les autres et des moments inoubliables, tel que les repas en famille chez Méline, les éternelles discussions avec nos voisins Stéphane et Farah, les jeux avec les enfants au puits, les cours d’histoire d’Apollinaire, les petits déjeuners  animés de Fiamina au bord de la route, les ballades avec Méline, les visites chez Abdul, et cette dernière journée de préparation à la soirée de départ où tout le village s’est rassemblé pour nous dire au revoir.                         

 

(Cliquer sur les images pour les agrandir)

 

 

 

 

 

 

 

 

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